Alzheimer, Parkinson... à qui profite l’explosion des maladies neurologiques ?

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Alzheimer, Parkinson... à qui profite l’explosion des maladies neurologiques ?

Quelle est l’ampleur des maladies qui assiègent nos cerveaux ?

Marie Grosman [1] :
Le nombre de malades d’Alzheimer et d’autisme augmente de façonvertigineuse dans de nombreux pays, surtout les plus développés. De300 000 malades d’Alzheimer en 1994 en France, on en compte environ unmillion aujourd’hui. Et, si l’on ne fait rien, ce chiffre doublera tousles 20 ans. Le nombre de personnes souffrant d’autisme a été multipliéen France par 17 au cours des cinquante dernières années. On constateégalement une très forte progression des tumeurs cérébrales chez lesenfants (20 % de plus en dix ans). La maladie de Parkinson et lasclérose en plaques, qui concernent respectivement 100 000 et 80 000personnes, sont aussi en progression. Cela devrait quand même inciter àagir sur les causes de ces maladies !

Roger Lenglet [2] :
Toutes les données citées dans notre livre sont démontréesscientifiquement, ce ne sont pas des hypothèses. Nous sommes face à unepandémie neurologique qui ne cesse d’empirer. Les autorités trouventtoujours une explication rassurante à donner. Elles répètent que cesmaladies n’ont pas de causes connues, hormis le vieillissement de lapopulation. Mais l’âge est une condition de la maladie et non une cause.La maladie se produit souvent en fin de vie car c’est le tempsnécessaire à son expression. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit depathologies dont le temps de latence est important entre l’expositionaux toxiques et l’apparition des symptômes. Et de plus en plus de jeunessont touchés par la maladie d’Alzheimer. Entre 30 000 et 50 000personnes de 13 à 60 ans sont concernées.

Nous naissons et vivons aujourd’hui dans « un monde neurotoxique ». Est-ce, selon vous, la cause principale du développement des maladies neurodégénératives ?
R. L. : On a l’habitude de raisonner sur le mode « pasteurien » : un virus = une maladie. Dans un monde où les produits chimiques sont devenus omniprésents, leurs effets se combinent, et les maladies sont multifactorielles. Mais les principaux coupables sont connus. Grâce à une étude épidémiologique de 1995, par exemple, on sait qu’un taux de 100 microgrammes/l d’aluminium dans l’eau du robinet multiplie par deux ou trois le nombre de cas d’Alzheimer. C’est un facteur puissant qui peut déclencher la maladie. À cela s’ajoute la synergie entre les produits, comme le mercure et le plomb, par exemple, qui aggrave considérablement leur nocivité, comme tous les toxicologues le savent [3].

Les enfants sont-ils particulièrement touchés par les substances neurotoxiques ?
M. G. : L’exposition aux molécules neurotoxiques commence dès le début de la vie in utero. Dans le ventre maternel, la barrière placentaire qui protège le fœtus ne stoppe pas les neurotoxiques, qui ont tendance à s’accumuler dans son cerveau en développement. Mercure, plomb, cadmium, phtalates, pesticides et solvants font partie de cette farandole qui a des effets, notamment sur la thyroïde. Plus ces substances sont présentes dans le cordon ombilical, moins le fœtus dispose d’hormones thyroïdiennes. Cette faible quantité peut entraîner une altération irréversible du développement cérébral. On sait aussi que plus la mère porte d’amalgames dentaires [plombages], plus le taux de mercure dans le cerveau du bébé est élevé [4]. Les mères d’enfants autistes ont été en moyenne davantage exposées au mercure dentaire pendant leur grossesse [5].

Un quart des notices affichent des effets secondaires neurotoxiques : les médicaments sont-ils aussi en cause ?
R. L. : Oui. Même des médicaments contre les affections neurologiques entraînent d’autres désordres neurologiques, et ces effets peuvent être insidieux et durables, surtout après une consommation pendant des mois, voire des années. Ainsi, les antidépresseurs modifient les fonctions cognitives en diminuant la mémoire des faits récents, ils provoquent des tremblements, des difficultés de concentration, etc. Certains malades de Parkinson ont développé la maladie après la prise de médicaments. Quand un médicament pour Alzheimer provoque une « confusion » du patient, on met cela sur le dos de la maladie et pas du médicament. Il faut savoir que toutes les pathologies neurologiques peuvent être induites par des médicaments. Mais cette question est évacuée, comme si le médicament était sanctuarisé. En neurologie, les jeunes praticiens apprennent pourtant que la première question à se poser avec un patient souffrant d’une pathologie neurologique est de savoir ce qu’il a pris comme médicament.

Est-ce lié au fait que ces médicaments représentent un marché en pleine expansion ? 4,3 milliards de dollars en 2009 pour la seule prescription de médicaments pour Alzheimer…
M. G. : Effectivement, les maladies neurodégénératives et neuropsychiatriques constituent un fabuleux marché. Et garantissent un exceptionnel retour sur investissement : 39 % par an, selon André Syrota, directeur de l’Inserm. Pour les pandémies cardiovasculaires, le retour sur l’investissement serait de l’ordre de 37 %.
R. L. : On privatise la maladie en la réduisant à un produit financier outrageusement rentable. Ces médicaments assurent une sécurité sur les investissements totalement incroyable dans un monde en pleine instabilité financière. C’est une véritable marchandisation des pandémies.....

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